Adoptée à l’unanimité au Sénat le 14 février dernier, la loi portée par la Ministre des Outre-mer Ericka Bareigts prévoit l’ouverture des fonds d’investissement de proximité (FIP) ultramarins à tous les contribuables français ; tandis qu’ils étaient réservés aux seuls résidents fiscaux des DOM-TOM* auparavant.
FIP : Fiscalité toujours hyper-compétitive
Si l’ouverture de FIP s’est accompagnée d’une diminution des avantages fiscaux attachés, les FIP ultramarins n’en demeurent pas moins extrêmement attractifs, à l’instar de leur équivalent Corse. D’une réduction d’impôt de 42% jusqu’à maintenant (avec une limite fixée à 12 000 € pour un célibataire, le double pour un couple), le dispositif dit « super-bonus » baisse légèrement pour établir la réduction d’IR à 38% désormais, c’est-à-dire le même taux que celui accordé aux FIP corses.
La comparaison est dure pour les FIP métropolitains offrant une réduction d’impôt s’élevant à 18% seulement du montant des versements. Les FIP ultramarins permettront ainsi une réduction d’impôt jusqu’à 4560 € pour un célibataire et 9120 € pour un couple.
Une grande progression de l’investissement attendue
Cette ouverture, très attendue, promet de grands progrès pour l’économie des DOM-TOM. En effet, le dispositif était jusqu’ici victime de ses restrictions d’accès. En 2015, moins d’un million d’euros ont été investis dans ces FIP, limitant ainsi leur impact positif potentiel. En Corse, ou le dispositif est ouvert à tous depuis sa création, 2015 a été synonyme de 28 millions d’euros de dépenses fiscales.
On attend ainsi une envolée des sommes investies, avec des disparités selon les territoires, qui ne jouissent évidemment pas tous du même dynamisme économique. Pour la Réunion, on envisage une vingtaine de millions d’euros dès la première année. Un contraste remarquable avec les années précédentes.
Ce type d’investissement, d’une durée moyenne de sept ans, devraient soutenir durablement les PME des Outre-mer, les secteurs de la construction, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’énergie en tête. Gagnant-gagnant : l’investissement FIP constitue indéniablement une offre intéressante pour les français, et représente de surcroît une formidable opportunité pour ces territoires minés par un taux de chômage très élevé.
*Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie ; représentant 4% de la population française.