Il n’existe plus de classement des meilleurs PERP, et pour une raison simple : plus aucun n’est commercialisé depuis 2020. La vraie question n’est plus « lequel choisir » mais « celui que je détiens vaut-il quelque chose ». Voici les six critères qui font la différence, et de quoi juger votre contrat vous-même en dix minutes.
Pourquoi tous les comparatifs de PERP sont périmés
Le PERP a cessé d’être commercialisé le 1er octobre 2020, en application de la loi PACTE. Aucun établissement n’en ouvre plus. Les classements que vous trouverez encore en ligne comparent donc des produits que personne ne peut souscrire — et la plupart s’appuient sur des données antérieures à 2020.
Votre contrat, lui, continue de vivre normalement. Il capitalise, il conserve ses garanties, et il vous versera une rente le moment venu. Sa valeur ne dépend plus du marché, elle dépend de ses clauses. Et sur ce point, l’écart entre deux PERP peut atteindre des dizaines de milliers d’euros.
Les six critères qui déterminent la valeur de votre PERP
1. Le taux de conversion en rente, garanti ou non
C’est de très loin le critère le plus important, et le plus mal connu. Le taux de conversion détermine combien d’euros de rente annuelle vous obtiendrez pour chaque euro d’épargne. Certains contrats des années 2000 l’ont garanti dès la souscription. D’autres l’appliqueront au tarif en vigueur le jour de la liquidation — nettement moins favorable aujourd’hui.
2. La table de mortalité retenue
Elle sert à calculer votre espérance de vie théorique, donc la durée de versement. Une table ancienne, figée à la souscription, table sur une espérance de vie plus courte : elle vous est favorable. Si votre contrat prévoit la table en vigueur au moment de la liquidation, l’allongement de l’espérance de vie joue contre vous.
3. Les frais de gestion annuels
Ils se prélèvent chaque année sur l’encours. Un demi-point d’écart paraît anodin ; sur dix ans, il ne l’est pas.
4. Le rendement du fonds en euros
Comparez le rendement servi par votre contrat aux moyennes de marché des dernières années. Un fonds euros durablement sous la moyenne signale un contrat en gestion extinctive, que l’assureur n’alimente plus.
5. Les options de sortie prévues au contrat
Tous les PERP autorisent 20 % en capital. Mais certains prévoient des options supplémentaires : rente par paliers, rente avec annuités garanties, sortie fractionnée. Ces clauses ont de la valeur.
6. La réversion et son coût
Si vous souhaitez que la rente se poursuive au profit de votre conjoint, vérifiez le taux de réversion prévu et surtout son coût : sur certains contrats elle est incluse, sur d’autres elle ampute la rente de 10 à 15 %.
Deux contrats, même somme, deux résultats opposés
Prenons deux PERP de 100 000 €. Le premier a un taux de conversion garanti à 4,5 % et des frais de 0,6 %. Le second applique 3,2 % et prélève 1,2 %.
26 000 € d’écart
sur vingt-cinq ans de rente, pour deux contrats qui affichent pourtant le même solde. Et ce n’est que l’effet du taux de conversion : ajoutez l’écart de frais, qui représente près de 7 900 € de capital en moins sur les dix années précédant la liquidation, et le total dépasse 33 000 €.
C’est pour cette raison qu’il ne faut jamais transférer un PERP sans avoir lu ses clauses. Un contrat ancien avec un taux garanti élevé peut valoir bien plus que n’importe quel PER moderne — et le transférer reviendrait à détruire cette valeur.
La grille pour juger votre contrat en dix minutes
Sortez vos conditions générales et vos derniers relevés, puis remplissez ceci.
| Ce que vous cherchez | Bon signe | Mauvais signe |
|---|---|---|
| Taux de conversion | Garanti à la souscription, 4 % ou plus | « Tarif en vigueur à la liquidation » |
| Table de mortalité | Figée à la souscription | Table en vigueur au dénouement |
| Frais de gestion | Inférieurs à 0,8 % par an | Au-delà de 1 % |
| Fonds en euros | Dans la moyenne de marché ou au-dessus | Sous la moyenne trois années de suite |
| Options de sortie | Rente fractionnée ou annuités garanties | Rente viagère simple, sans option |
| Réversion | Incluse ou peu coûteuse | Ampute la rente de plus de 10 % |
Comment lire le résultat. Quatre bons signes ou plus, votre contrat a de la valeur : gardez-le et faites-le fructifier. Trois mauvais signes ou plus, l’enveloppe vous coûte plus qu’elle ne vous rapporte — c’est là que la question du transfert se pose sérieusement.
Et si votre PERP est un mauvais contrat ?
Alors il existe une porte de sortie : le transfert vers un PER, qui permet de récupérer la totalité en capital au lieu de 20 %, et de choisir le rythme des retraits. Attention toutefois, la fiscalité s’inverse au passage et l’opération n’est pas gagnante pour tout le monde.
Nous avons chiffré ce basculement en détail, tranche d’imposition par tranche : PERP : il faut vivre jusqu’à 91 ans pour que la rente batte le capital.
Faites lire vos conditions générales
Le taux de conversion garanti et la table de mortalité ne figurent pas sur vos relevés annuels : ils sont enfouis dans les conditions générales, souvent en annexe. C’est pourtant là que se joue l’essentiel.
Nous analysons votre contrat gratuitement : lecture des clauses, comparaison avec les conditions actuelles du marché, et recommandation claire — garder, optimiser ou transférer. Chez Cèdre Patrimoine, le transfert éventuel se fait à 0 % de frais.
Questions fréquentes sur l’évaluation d’un PERP
Existe-t-il un classement officiel des meilleurs PERP ?
Non, et il ne peut plus en exister. Le PERP n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020 : aucun organisme ne compare des produits que l’on ne peut plus souscrire. Les classements encore en ligne reposent sur des données antérieures à cette date.
Où trouver le taux de conversion en rente de mon contrat ?
Dans les conditions générales, à la rubrique consacrée à la liquidation ou au tarif de rente, souvent en annexe. Il ne figure généralement pas sur les relevés annuels. En cas de doute, votre assureur doit vous le communiquer sur simple demande écrite.
Un PERP ancien vaut-il mieux qu’un PER récent ?
Parfois oui. Un PERP souscrit dans les années 2000 avec un taux de conversion garanti élevé et une table de mortalité figée peut offrir une rente très supérieure à ce qu’un PER moderne proposerait. C’est précisément pourquoi il faut lire les clauses avant d’envisager tout transfert.
Mon PERP peut-il être fermé par l’assureur ?
Non, l’assureur ne peut pas le résilier unilatéralement. En revanche, un contrat fermé à la commercialisation peut être mis en gestion extinctive : l’assureur cesse de l’animer, et le rendement du fonds en euros décroche progressivement. C’est un signal à surveiller.
Puis-je encore verser sur mon PERP ?
Oui. Les versements restent possibles sur un contrat existant, et ils demeurent déductibles de votre revenu imposable dans les limites habituelles. La question à se poser est plutôt de savoir si ce contrat est le meilleur réceptacle pour votre effort d’épargne.
Hypothèses de calcul — encours de 100 000 €, sortie de 20 % en capital et conversion des 80 % restants ; taux de conversion de 4,5 % et 3,2 % ; frais annuels de 0,6 % et 1,2 % appliqués sur dix ans avec un rendement brut de 4 %. Ces valeurs illustrent des écarts observables entre contrats ; les conditions de votre propre contrat doivent être vérifiées dans vos conditions générales.
Sources — loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (PACTE) ; economie.gouv.fr, rubriques PERP et PER.
Information générale, ne constituant pas un conseil personnalisé.