Vous détenez un PERP et vous vous demandez si vous devrez toucher une rente jusqu’à la fin de vos jours. La réponse courte : non, plus depuis la loi PACTE. En transférant votre PERP vers un PER, vous pouvez récupérer la totalité en capital. Mais l’opération n’est pas gagnante pour tout le monde — et la fiscalité s’inverse au passage. Voici le calcul, chiffres à l’appui.
Le problème du PERP : 80 % de votre épargne est bloquée en rente
Un produit fermé depuis 2020, mais toujours vivant
Le PERP n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, mais les contrats existants continuent de vivre. Au moment de la retraite, il impose une règle qui surprend beaucoup d’épargnants : vous ne pouvez récupérer que 20 % de votre épargne en capital. Les 80 % restants sont obligatoirement convertis en rente viagère.
L’exception de la première résidence principale
Il existe une exception, souvent ignorée : la sortie totale en capital est possible si vous achetez votre première résidence principale au moment de la liquidation. En dehors de ce cas, la rente s’impose.
Le PER, lui, vous laisse choisir : capital en totalité, rente, ou un mélange des deux — et le capital peut être retiré en plusieurs fois.
Le piège que personne ne vous montre : la fiscalité s’inverse
Voilà le point qui fait toute la difficulté de la décision, et que la plupart des articles passent sous silence.
Le PERP : peu de capital, mais à 7,5 %
Sur un PERP, les 20 % sortis en capital bénéficient d’un régime très favorable : vous pouvez opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 %, appliqué après un abattement de 10 %. Ajoutez 9,1 % de prélèvements sociaux et l’addition reste légère.
Le PER : tout le capital, mais au barème
Sur un PER, la part correspondant à vos versements — ceux que vous aviez déduits de vos revenus — est réintégrée à votre revenu imposable et taxée au barème, sans abattement de 10 %. Les plus-values, elles, subissent le prélèvement forfaitaire unique de 30 %.
Autrement dit : le PERP vous donne peu, mais à un taux très bas. Le PER vous donne tout, mais à votre taux marginal d’imposition. Et si vous retirez 100 000 € d’un coup, cette somme s’ajoute à vos revenus de l’année — de quoi vous propulser dans une tranche supérieure.
Le calcul, sur un cas concret
Les hypothèses retenues
Prenons un PERP de 100 000 € au moment de la retraite, dont 70 000 € de versements et 30 000 € de plus-values. Trois options, comparées selon votre tranche d’imposition.
| Votre tranche | PERP capital immédiat |
PERP rente nette / an |
PER tout en une fois |
PER étalé sur 5 ans |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | 16 830 € | 2 592 € | 76 650 € | 83 300 € |
| 30 % | 16 830 € | 2 045 € | 66 150 € | 70 000 € |
| 41 % | 16 830 € | 1 728 € | 60 900 € | 62 300 € |
Ce que le tableau montre
Première leçon, valable dans les trois cas : étaler les retraits sur plusieurs années rapporte davantage que tout prendre d’un coup. L’écart va de 1 400 € à 6 650 € selon la tranche, pour la seule différence du calendrier.
Au bout de combien de temps la rente rattrape-t-elle le capital ?
C’est la vraie question. Le capital, vous l’avez tout de suite. La rente, elle, tombe chaque année jusqu’à votre décès. À partir de quand le PERP devient-il plus rentable ?
Il faut environ 26 ans
pour que la rente du PERP rattrape le capital du PER. Si vous liquidez à 65 ans, cela vous mène à 91 ans. Et ce résultat est remarquablement stable : il varie de 25,6 à 26,3 ans selon la tranche d’imposition.
Ce chiffre ne dit pas que la rente est un mauvais produit. Il dit que la rente est une assurance contre la longévité, pas un placement. Elle vous protège du risque de vivre très longtemps et d’épuiser votre épargne. Le capital, lui, vous laisse la main : vous l’investissez, vous le donnez, vous le transmettez.
Chez Cèdre Patrimoine, le transfert se fait à 0 %
Nous prenons l’opération en charge intégralement : 0 % de frais de transfert, 0 % de frais d’entrée sur le nouveau PER. Vous ne payez rien pour déplacer votre épargne.
Mais le vrai enjeu n’est pas là. Il est dans le calendrier de vos retraits : selon vos revenus des cinq prochaines années, l’écart entre un bon et un mauvais échelonnement se chiffre en milliers d’euros — 3 850 € sur notre exemple, pour la seule différence de rythme.
Nous vous proposons une étude personnalisée gratuite : analyse de votre contrat actuel (garanties, taux de conversion, frais), projection de votre tranche d’imposition année par année, et calendrier de sortie optimisé, chiffré.
La stratégie qui change tout : le retrait fractionné
Le PER autorise une chose que le PERP interdit : retirer votre capital en plusieurs fois, au rythme que vous choisissez. C’est le levier le plus puissant de toute l’opération.
Pourquoi l’étalement change le résultat
Pourquoi ? Parce que l’impôt sur la part « versements » suit le barème progressif. En retirant 20 000 € par an pendant cinq ans plutôt que 100 000 € d’un coup, vous restez dans votre tranche au lieu de faire un bond dans la suivante.
- Avant la retraite, si vos revenus sont encore élevés, mieux vaut attendre.
- Les premières années de retraite, quand vos revenus baissent, sont souvent la meilleure fenêtre.
- Le montant annuel idéal est celui qui remplit votre tranche actuelle sans déborder sur la suivante. Cela se calcule.
Quatre situations où il ne faut PAS transférer
- Votre PERP sert à acheter votre première résidence principale. Il permet alors une sortie à 100 % en capital, sans passer par le PER.
- Vous voulez précisément une rente. Revenu garanti à vie, versé quoi qu’il arrive : si c’est votre objectif, le transfert n’a pas d’intérêt.
- Votre PERP porte des garanties anciennes avantageuses — table de mortalité figée à la souscription, taux de conversion garanti. Certains contrats des années 2000 sont bien plus généreux que ce qui se pratique aujourd’hui. À vérifier avant tout, ligne par ligne : nous détaillons la méthode dans les six critères qui déterminent la valeur d’un PERP.
- Votre encours est faible. Sous 2 000 €, d’autres voies de déblocage existent, plus simples.
Concrètement, comment ça se passe
Les frais de transfert, divisés par cinq en 2024
Bonne nouvelle sur les frais : depuis le décret du 4 juillet 2024, les frais de transfert d’un ancien contrat vers un PER sont plafonnés à 1 % de l’encours, et deviennent nuls au-delà de dix ans de détention. La plupart des PERP encore en vie ont largement passé ce cap. Et pour une souscription réalisée avec notre cabinet, nous ramenons ces frais à 0 % dans tous les cas.
Un transfert sans impôt
Le transfert lui-même est neutre fiscalement : aucun impôt, aucun prélèvement social sur les sommes transférées. C’est un simple déplacement d’enveloppe. Reste à choisir le bon contrat d’arrivée : voir le critère qui vous coûte 50 384 € si vous le ratez.
Avant de signer quoi que ce soit, trois vérifications s’imposent : le taux de conversion en rente garanti par votre contrat actuel, les frais de gestion comparés entre l’ancien et le nouveau, et votre tranche d’imposition prévisionnelle pour les cinq prochaines années. C’est ce dernier point qui détermine le calendrier optimal de vos retraits — et il vaut souvent plusieurs milliers d’euros.
Questions fréquentes sur le transfert d’un PERP vers un PER
Peut-on encore ouvrir un PERP en 2026 ?
Non. Le PERP n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, en application de la loi PACTE. Aucun établissement n’en ouvre plus. Les contrats existants restent parfaitement valables et continuent de fonctionner normalement.
Combien puis-je sortir en capital avec un PERP ?
20 % de votre épargne au maximum, le reste étant obligatoirement converti en rente viagère. Une exception : la sortie totale en capital est possible si vous achetez votre première résidence principale au moment de la liquidation.
Le transfert d’un PERP vers un PER est-il payant ?
Les frais sont plafonnés à 1 % de l’encours depuis le décret du 4 juillet 2024, et deviennent nuls au-delà de dix ans de détention. La plupart des PERP encore en vie ont dépassé ce cap. Chez Cèdre Patrimoine, nous prenons ces frais en charge dans tous les cas.
Le transfert entraîne-t-il une imposition ?
Non. Le transfert est neutre fiscalement : aucun impôt ni prélèvement social n’est dû sur les sommes transférées. L’imposition n’intervient qu’au moment où vous retirez effectivement votre épargne.
Vaut-il mieux sortir en capital ou en rente ?
Cela dépend de votre espérance de vie et de vos objectifs. Sur notre exemple, il faut environ vingt-six ans de rente pour rattraper le capital perçu immédiatement, soit un âge de quatre-vingt-onze ans pour un départ à soixante-cinq ans. La rente reste pertinente si vous cherchez un revenu garanti à vie plutôt qu’un capital transmissible.
Comment éviter de payer trop d’impôt sur la sortie en capital ?
En fractionnant les retraits sur plusieurs années. La part correspondant à vos versements est imposée au barème progressif : retirer la totalité en une fois fait mécaniquement basculer une partie de la somme dans la tranche supérieure. Sur notre exemple, l’étalement sur cinq ans rapporte 3 850 € de plus.
Hypothèses de calcul — encours de 100 000 € dont 70 % de versements et 30 % de plus-values ; taux de conversion en rente de 4 % ; prélèvements sociaux de 9,1 % sur le capital retraite et sur la rente ; prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les plus-values du PER ; frais de transfert nuls (contrat de plus de dix ans). Le scénario « en une fois » retient une imposition intermédiaire entre votre tranche et la suivante, le retrait faisant mécaniquement basculer une partie de la somme. Le taux de conversion en rente est le paramètre le plus sensible : il dépend de votre âge, de votre contrat et des options de réversion, et doit être demandé à votre assureur.
Sources — loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (PACTE) ; décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 sur le plafonnement des frais de transfert ; articles 163 quatervicies et 158 du Code général des impôts ; economie.gouv.fr, rubriques PERP et PER.
Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation dépend de votre contrat, de vos revenus et de vos objectifs de transmission.